Il y a deux ans, nous avions posé la question suivante aux Québécois : Vous personnellement, à quel point vous considérez-vous raciste ? Un pour cent se considéraient fortement racistes, 15% moyennement racistes, 43% faiblement racistes, 39% pas du tout racistes et 1% ne le savaient pas. La même question avait été posée en France par la Commission nationale consultative des Droits de l'homme (CNCDH) et les résultats obtenus étaient similaires au Québec.
Ce qui lança un débat civilisé en France devint un scandale au Québec. Comment peut-on affirmer que les Québécois peuvent être racistes, si faiblement soit-il ? On critiqua la question, la méthode, l'interprétation, le Journal de Montréal. Tout y est passé. Car lorsque le message est dérangeant, c'est bien plus simple de tirer sur le messager.
PERCEPTION OU RÉALITÉ
Pourtant le sondage était clair. La majorité des Québécois se disaient faiblement racistes. Un sondage de ce type ne mesure pas si les gens sont vraiment racistes ou non, mais s'ils pensent qu'ils le sont. La nuance est importante. D'ailleurs, nous avions aussi posé une série d'autres questions dont la suivante: À votre avis, y a-t-il des races humaines plus douées que d'autres ? Le taux chute alors à 16%. Chaque personne a sa définition du racisme, ce qui contribue à la confusion. Par contre, la perception est souvent plus importante que la réalité.
NON AUX SIGNES RELIGIEUX
La Commission Bouchard-Taylor a tenté d'aseptiser le débat, mais sans succès. Le débat revient inévitablement sous une forme ou une autre. Cette fois-ci, c'est sur le port de signes religieux au sein de la
fonction et des services publics ? À une question claire, nous obtenons une réponse tout aussi claire (voir tableau ci-joint). Soixante pour cent des Québécois estiment que l'on devrait interdire le port de tout signe religieux dans la fonction et les services publics alors que 36% sont en désaccord et 4% n'ont pas d'opinion.
Cette perception est identique partout au Québec, que l'on soit jeune ou vieux, riche ou pauvre ou que l'on vive à Montréal ou dans les régions. Seuls les non-francophones ne partagent pas cet avis, car 47% sont pour l'interdiction et 47% sont contre l'interdiction.
Est-ce donc possible au Québec de dire les choses franchement, directement, calmement et respectueusement ? Et ensuite poser les gestes qui s'imposent pour remédier à une situation déplaisante.