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© Photo Journal de Montréal |
Catherine Ringer et Fred Chichin, les Rita Mitsouko |
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LES RITA MITSOUKO
Paire gagnante
Philippe Meilleur
Journal de Montréal
19-05-2007 | 09h20
Si Les Rita Mitsouko semblent prendre la vie à la
légère, il en va tout autrement de leur art. Plus de
vingt-cinq ans après ses débuts, le mythique duo
français lance son septième album, sur lequel
Catherine Ringer et Fred Chichin se révèlent
plutôt inspirés.
L’étrange bestiole des Rita Mitsouko
est de retour. Sa plus récente création,
Variéty, est débarquée dans les bacs
nord-américains cette semaine. Le
disque a connu un excellent succès en
France depuis sa sortie le 23 avril, avec
une troisième position sur les palmarès
et une certification or.
Enentrevue téléphoniqueau Journal,
la chanteuse Catherine Ringer est manifestement
d’humeur resplendissante.
«C’est un beau résultat, mais nous ne
sommes pas du genre à vendre la peau
de l’ours avant de l’avoir caresser! lance-
t-elle en riant. Ceux qui nous
connaissent ont dit que Variéty était
un bon cru, on espère que le public
canadien aura la même opinion.»
Tout au long de la conversation, la
chanteuse gardera ce ton joyeux et
insouciant qui la caractérise. Passionnée et
sérieuse envers son art, Catherine Ringer
en parle pourtant avec une
gaieté contagieuse.
Court et organique
Variéty présente une texture résolument
pop-rock. Les pièces puisent dans
les racines de la chanson française
davantage que dans les arrangements
électros familiers aux amateurs. Les
chansons sont «courtes et organiques», pour reprendre l’expression
de leur créatrice.
Deux versions du disque, l’une francophone,
l’autre anglophone, ont été distribuées
en Europe. Trois chansons
sont tout de même écrites dans la
langue de Shakespeare sur la version
française.
«L’anglais est parfait pour communiquer
avec l’Europe entière puisque tout
le monde le parle un petit peu ici»,
explique la chanteuse.
Il s’agissait peut-être aussi d’une
façon de se distancer d’une scène musicale
française que Catherine Ringer
considère actuellement comme peu
intéressante. «Je ne suis pas hyperenthousiaste
devant ce que j’entends
aujourd’hui en France, dit-elle. Il n’y a
pas vraiment de disques récents que
j’écouterais pour le simple plaisir.»
Métal
L’enthousiasme revient rapidement
dans la voix de l’artiste lorsque la
conversation bifurque vers Terminal
Beauty, dernier morceau de Variéty
qui offre une fusion improbable mais
savoureuse de la voix de Catherine
avec celle de Serj Tankian, chanteur du
groupemétal californien System Of A
Down. L’instant d’une collaboration,
l’interprète à la longue barbe noire et
au regard ténébreux a prêté son chant
profond et émotif à Catherine Ringer et
son comparse guitariste Fred Chichin.
«Nous sommes deux chanteurs très
lyriques et j’avais envie de travailler
avec lui depuis longtemps», explique
Catherine Ringer.
Les deux interprètes ne se sont
jamais rencontrés pendant la création.
De simples échanges defichiers MP3
leur ont permis de créer cette chanson
à l’ambiance dramatique et profondément
accrocheuse.
«Nous avons essayé de faire une version
française, mais le résultat avec
Serj n’était pas terrible, dit-elle en rigolant.
Disons que l’on a testé les limites
d’Internet avec ce projet.»
Prendre le frais
Catherine Ringer et Fred Chichin travaillent
ensemble depuis plus d’un
quart de siècle. Pour conserver leur originalité,
les deux collaborateurs se sont
lancés dans des projets extérieurs qui
les ont mis en contact avec de nouvelles
idées et façons de procéder.
La chanteuse a ainsi participé à la
comédie musicale Concha Bonita en
Italie, tandis que Fred Chichin s’est
glissé dans la peau d’un professeur le
temps de former un étudiant en technique
de son.
«Ça nous permet de prendre le frais,
dit Catherine. Nous attendons d’avoir
quelque chose de très bien avant de l’offrir
au public. Il n’ajamais été question
de faire un album avec deux bonnes
chansons et du remplissage. Nous ne
fonçons que lorsque l’inspiration est là.»
«En Italie, il y a un proverbe qui dit que
lorsqu’on ne chante pas, c’est que
quelque chose va mal, poursuit-elle
pour illustrer l’inspirationque lui adonné l’expérience
italienne. En France,on
dit plutôt que le chant attire la pluie!»
Les Rita Mitsouko seront en spectacle
au Québec l’hiver prochain.